Ce que pourrait changer le Fire Phone

23 juillet 2014

Le Fire Phone d’Amazon, téléphone d’un genre nouveau, est officiellement disponible ce 24 juillet aux Etats-Unis.

Il ne s’agit pas ici d’un simple lancement de terminal, mais la tête d’un pont d’une stratégie bien définie, qui illustre la tendance lourde qu’est la « multicanalité » ou plutôt « l’omnicanalité » dans la mesure où sous l’influence du digital, tous les  canaux sont aujourd’hui utilisés par les consommateurs, parfois simultanément, parfois en ordre dispersé, mais toujours avec le même niveau d’exigence, comme nous l’évoquions le mois dernier.

Le mobile en particulier, avec la généralisation des smart phones, induit l’exigence ATAWAD (Any Time, Any Where Any Device, bref il faut être utilisable partout, à tout moment, sur tous les terminaux possibles).

C’est la prise en compte aussi du consommateur SOLOMO (Social Local Mobile), qui souhaitera bénéficier d’une information locale et agir avec son environnement direct, et pouvoir partager ce qu’il ressent, où qu’il soit.

Pour l’accompagner, le Fire Phone d’Amazon est une sorte d’assistant de vie mobile, mais aussi et surtout un outil d’aide au shopping… Il pousse la logique du « showrooming » au maximum, et facilite l’achat d’impulsion : avec son application de reconnaissance de produit qui permet d’accéder directement au site Amazon pour acheter le produit (et de comparer les prix, consulter les avis des consommateurs… tout ce que permet la puissance du web 2.0), il exploite à fond les potentialités du mobile dans une logique d’e-commerce qui ne laisserait aux magasins qu’ un rôle d’exposition / démonstration.

Toutes les fonctionnalités sont présentées dans le spot de présentation d’Amazon ci-dessous (en anglais)

et ce petit film (en français) permet de faire le tour du sujet .

Mais le firephone suscite le débat et le scepticisme : si sa fonctionnalité de « shazam universel » et son interface 3D en font un objet désirable, son prix (environ 600 $, ramenés à 200 $ sous forme subventionnée si abonnement à un opérateur) et le timing (le téléphone lui-même n’est pas aujourd’hui en soi complètement révolutionnaire) sont peut-être des freins à son acceptation par le grand public.

Ces doutes persisteront peut-être… jusqu’à ce qu’il soit offert (au vu des enjeux pour Amazon) ou tout simplement si l’application de reconnaissance universelle intégrée à la plateforme de shopping d’Amazon (FIREFLY) est rendue disponible sur les autres terminaux.

Les distributeurs, de leur côté, peuvent craindre un déséquilibre : c’est le magasin physique qui va susciter l’intérêt et le désir d’un produit, mais ce sera Amazon qui encaissera les bénéfices au final. La digitalisation des magasins, toujours plus connectés, pourrait devenir nécessaire pour maîtriser l’ensemble de la chaîne, et ne pas laisser le géant américain collecter sur le web toutes les promesses faites sur le point de vente.

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